7 septembre 2022

De l’honnêteté, du courage et du dialogue !

Il n’aura échappé à personne que nous vivons des temps difficiles. S’additionnent sous nos yeux effarés la crise sanitaire, le dérèglement climatique et enfin la guerre aux portes de l’Europe. Seul le dialogue pourra réduire sinon résoudre la complexité.

Il n’aura échappé à personne que nous vivons des temps difficiles.

S’additionnent sous nos yeux effarés la crise sanitaire qui n’a pas encore livré tous ses effets, le dérèglement climatique dont les caprices s’imposent même aux plus sceptiques et enfin la guerre aux portes de l’Europe qui produit beaucoup de souffrances en Ukraine, beaucoup d’inflation dans nos rayons. Seuls les plus anciens d’entre nous peuvent se rappeler avoir vécu une telle conjonction de crises et de menaces.

Mon propos n’est pas ici d’ajouter à l’angoisse qui peut légitimement gagner nombre de nos concitoyens. Ce n’est pas dans l’ADN de notre CFTC.

« Les valeurs qui nous tiennent lieu de boussole nous invitent à garder l’espoir. Mieux, elles nous enseignent que « d’un mal peut naitre un bien », sous conditions cependant : que le courage et l’honnêteté intellectuelle soient au rendez-vous ! »

De ce point de vue, certaines des analyses et des solutions formulées pour relever les grands défis de cette rentrée m’apparaissent quelque peu faciles voire simplistes.

Un exemple : entreprises comme particuliers, la crise énergétique nous appelle à modifier nos comportements en matière de chauffage pour « passer l’hiver ». À cette fin, baisser la température de 2 degrés dans nos bureaux, nos ateliers et nos salons peut faire sens. Mais l’honnêteté commande de dire à nos concitoyens que la question énergétique ne se réglera pas avec le retour du printemps pas plus qu’elle trouve ses causes dans la seule guerre en Ukraine.

« Le courage consiste dès aujourd’hui à penser puis engager la transformation de nos industries »

Décarbonées, elles devront durablement composer avec une énergie qui pourrait être plus rare, donc plus chère !

Autre exemple : prétendre résoudre les difficultés réelles de recrutement en durcissant les règles d’indemnisation des demandeurs d’emploi constitue une réponse trop simpliste à un problème infiniment complexe. Le courage sera ici de réunir, dans les territoires et dans branches, les acteurs de la formation, de l’orientation professionnelle et de l’emploi pour partager un diagnostic et une ambition : plus et mieux coordonner les acteurs et dispositifs en place pour faire émerger, en France, une véritable culture de l’anticipation des besoins en compétences !

« L’État, qui semble parfois découvrir la pénurie de pompiers et d’enseignants, gagnerait lui aussi à acquérir cette culture »

Dernier exemple : repousser l’âge légal de départ en retraite ne résoudra en rien les injustices du régime actuel. Il serait plus courageux et ambitieux de reprendre nos travaux d’avant Covid dans le cadre d’une réforme systémique.

La solution commune à ces quelques exemples réside dans la méthode. Seul le dialogue peut réduire sinon résoudre la complexité. Dialoguer, c’est respecter les partenaires, s’appuyer sur leur légitimité et leur expérience pour partager des diagnostics et co-construire des solutions. Mêmes imparfaites, ces dernières auront au moins le mérite d’être plus acceptables par nos concitoyens !


Article sur le site de la CFTC (6 septembre 2022)